Ma rencontre avec le Dugong

Ma rencontre avec le Dugong

Lors de vacances plongée dans le sud de l'Egypte, entre Marsa Alam et la frontière soudanaise, nous avons eu la surprise de voir très furtivement une silhouette de dugong, cet animal mythique et légendaire, malheureusement, la mer étant un peu agitée ce jour-là, la visibilité était mauvaise...bon, pas comme dans le canal ou une carrière le dimanche en fin d'après-midi mais suffisamment trouble pour ne pas voir clairement notre sujet.

Nous étions déjà particulièrement heureux d'avoir eu la chance d'apercevoir un dugong mais quand même un peu frustrés de n'avoir pas pu l'observer un peu mieux. 

Alors, c'est quoi, en fait, le dugong ? D'abord une adorable bébête en voie de disparition à cause du tourisme, de l'urbanisation des côtes et de la pollution. En effet, comme le dugong se nourrit de végétaux marins, son habitat est essentiellement côtier et est directement impacté par l'activité humaine qui se développe pour "le plus grand bien" de la fricocratie mais au détriment de l'environnement dont tous se f... comme de leur premier lange. C'est le cas également de la posidonie en méditerranée, cette plante qui fixe les fonds marins et représente à elle seule tout un écosystème.

Ainsi, ce gentil mammifère marin herbivore (Dugong dugon) appartient à l'ordre des siréniens, comme le lamantin qui, lui, vit en eau douce. La différence visible entre les deux est la forme de la queue que le dugong a en triangle, à l'instar des cétacés. Comme les cétacés, d'ailleurs, le dugong doit retourner en surface pour respirer et ne descend jamais plus bas qu'une quinzaine de mètres. Un taux de reproduction très bas ne favorise évidemment pas son expansion démographique.

Deux jours après cet événement un peu décevant, nous nous trouvons, au détour d'un récif, nez-à-nez avec un dugong. Rétropalmage immédiat, il est hors de question de l'effrayer. Total respect. Tu penses...d'une indifférence crasse, il a continué à brouter tranquillement sans nous accorder la moindre attention, nous donnant l'occasion de le photographier sous toutes les coutures, avec ses deux petits poissons jaunes, des carangues royales (Gnathanodon speciosus) puis, comme il devait remonter respirer, il est parti droit devant lui, direction la surface sauf que moi, j'étais sur la trajectoire, pas de bol, j'ai donc pris la sage décision de m'écarter. En même temps, la bête pèse presque une demie tonne.

Nous avons encore pu bénéficier de sa magnifique présence pendant quelques minutes puis il est allé voir autre part si l'herbe n'était pas meilleure.

Un souvenir qu'aucun d'entre nous n'est près d'oublier, aurons-nous un jour encore ce privilège de rencontrer un être aussi mythique et légendaire ? Seulement si les mesures nécessaires ont été prises efficacement pour enrayer sa disparition.